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Le modèle transthéorique de changement

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Présentation du modèle transthéorique

Le modèle transthéorique de changement (MTT), proposé par Prochaska et DiClemente, est un modèle théorique intégratif qui permet d’expliquer pourquoi certaines interventions psychothérapeutiques se montrent plus efficaces chez certaines personnes que chez d’autres. Les composantes principales de ce modèle sont les stades de changement et les processus de changement. L’idée proposée par Prochaska et Diclemente est que toute personne entreprenant un changement de comportement traverse une série de stades de changement, et qu’elle utilise différentes techniques et stratégies (appelées processus de changement) pour progresser d’un stade à un autre. Initialement utilisé en tabacologie, les applications du modèle se sont rapidement étendues à d’autres comportements, tels que l’alcoolodépendance, le contrôle du poids, ou encore la pratique d’une activité physique régulière.

Les processus de changement

Les processus de changement constituent la première composante du modèle transthéorique. La notion de « processus de changement » est née d’une analyse comparative des théories majeures de psychothérapie et de changement de comportement, qui a permis de distinguer dix processus de changement tels que la prise de conscience provenant de la tradition Freudienne, la récompense provenant de la tradition Skinnerienne, ou la relation d’aide provenant de la tradition Rogérienne (Cf. tableau ci-dessus). Ces processus se définissent comme « toute activité initiée afin d’aider à modifier sa façon de penser, de ressentir, ou d’agir ». Chaque processus représente ainsi une large catégorie comprenant de multiples techniques et méthodes traditionnellement associées à des théories distinctes.

Les stades de changement

etapes-changements

Les études menées auprès de personnes ayant réussi à changer un comportement (par ex : arrêter leur consommation de tabac) ont permis de mettre en évidence les différentes étapes (appelées « stades de changement ») que traverse un individu avant d’arriver au changement escompté. En effet, contrairement aux théories précédentes qui envisageaient le changement comme le passage d’un état à un autre, le modèle transthéorique (MTT) permet de prendre en compte la dimension des stades de changement. C’est la prise en compte de ces stades qui permet de mieux comprendre quand et pourquoi un changement s’opère.

Les 5 stades de changement : l’exemple de l’exercice physique

  1. Préréflexion : la personne est inactive et n’a pas l’intention de commencer à faire de l’exercice dans les six prochains mois. Elle n’a pas conscience des problèmes que pose son inactivité, et n’a donc aucune intention de changer.
  2. Réflexion : la personne est inactive mais a l’intention de commencer à faire de l’exercice dans les six prochains mois. Il est considéré que ce laps de temps correspond à la durée maximale à laquelle un individu peut se projeter et envisager un changement. Elle prend conscience des problèmes que pose son inactivité et commence à étudier les opportunités, les possibilités et le coût de l’exercice physique.
  3. Préparation : la personne a commencé à faire de l’exercice mais pas sur une base régulière. Elle n’atteint donc pas les niveaux minimum recommandés, à savoir trois à cinq fois par semaine à raison de 20 à 30 minutes par séance d’après l’Organisation Mondiale de la Santé. Elle a cependant l’intention de commencer à faire régulièrement de l’exercice dans les 30 jours.
  4. Action : la personne fait régulièrement de l’exercice, mais depuis moins de six mois. Afin d’éviter de retourner à un mode de vie inactif, elle fait des efforts constants pour surmonter les divers obstacles qui pourraient l’empêcher de s’exercer.
  5. Maintien : la personne a maintenu depuis plus de six mois ses habitudes quant à l’exercice régulier. Il est important de noter que la limite établie à six mois avant le passage du stade d’action au stade de maintien est supportée par des données empiriques sur les mécanismes de maintien de l’exercice physique. Ces données montrent en effet un important taux de rechute les premiers mois, avec une stabilisation du comportement précisément aux alentours de six mois. Par conséquent, bien qu’étant transposés des recherches appliquées aux addictions, les critères associés aux stades restent adaptés aux mécanismes du changement dans le domaine de l’exercice.

Les études menées par Prochaska et ses collaborateurs ont montré que les personnes qui réussissent leur changement de comportement tendent à utiliser différents processus de changement pour progresser d’un stade à un autre. Par exemple, si un processus de changement a son importance dans le passage de la préréflexion à la réflexion (ex : processus de « prise de conscience »), les personnes progressant du stade d’action au stade de maintien utiliseront un ou plusieurs processus différents (ex : « contrôle des stimuli », « contre-conditionnement », etc.). Ces données sont importantes dans la mesure où elles nous permettent de tenir compte des spécificités de la situation dans laquelle se trouve une personne engagée dans le changement. Ainsi, au delà des approches psychothérapeutiques proposées, il est essentiel de tenir compte du moment et de la façon dont ces stratégies sont appliquées et mises en pratique.

Autres composantes

Le sentiment d’efficacité personnelle : une composante de la théorie sociale cognitive de Bandura qui renvoie aux jugements que les personnes font à propos de leur capacité à organiser et réaliser des ensembles d’actions requises pour atteindre des types de performances attendus.
La balance décisionnelle : un concept basé sur le modèle de la prise de décision sous le conflit de Janis et Mann, et qui se concentre sur l’importance de la perception des avantages et des inconvénients du changement. Ce modèle postule que le changement de comportement implique une évaluation systématique des aspects positifs et des aspects négatifs du nouveau comportement.

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