Les thérapies de groupe

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Les thérapies de groupe

Tout au long de sa vie, l’homme est confronté à des groupes (familiaux, scolaires, professionnels, amicaux).

Dès son arrivée au monde, s’opère une lente socialisation, à la fois par l’individualisation du groupe primaire et l’intériorisation des normes et des valeurs du groupe auquel il appartient. Durant ce parcours, l’enfant peut être confronté à des blessures ou a des traumatismes. L’on sait combien un groupe familial déchiré, pathogène, peut laisser de traces sur le développement et l’équilibre d’un enfant.

La thérapie de groupe, est un lieu privilégié pour l’exploration de soi et l’apprentissage de comportements nouveaux. Il s’y joue et s’y rejoue, les identifications, les transferts et les contre-transferts, les désirs, les pulsions, les liens relationnels, les comportements inconscients, la dimension du Surmoi…

La thérapie de groupe est un processus évolutif d’appropriation du sens caché de son histoire personnelle et de sa capacité à modifier son interaction avec l’environnement.

La thérapie de groupe permet aux participants, au fil des séances, de repérer leurs modes de relation aux autres (fusionnel, dépendance, inhibition, agressivité…), d’améliorer sa confiance en soi et aux autres, d’apprendre à s’intégrer à des groupes et à vivre socialement.

Les techniques d’écoute, de reformulation, de questionnement, de jeux de rôles permettent au thérapeute de faciliter la parole du participant et de l’aider à lever ses inhibitions.

Dans certains cas particuliers, tous les membres d’un groupe se réunissent autour d’une même problématique (groupes de personnes souffrant de symptômes de désordre alimentaire : boulimie, anorexie mentale, surpoids).Ils peuvent échanger leurs souffrances, leurs peurs du rejet, leur besoin d’affirmation, travailler sur l’image du corps, adopter de nouveaux comportements alimentaires, devenir autonome et indépendant. Le psychothérapeute aide ses patients à structurer l’image qu’ils ont d’eux, dans une vision positive et constructive.

Le PSYCHODRAME fut créé par MORENO au début de ce siècle. Il s’agit d’un jeu dramatique qui vise à permettre à certains patients de prendre conscience de leurs difficultés psychologiques et notamment de se dégager des émotions trop fortes, intériorisées, qui les gênent. Le but poursuivi consiste aussi à faire disparaître le carcan des rôles sociaux qui ont été imposés de l’extérieur et qui emprisonnent. Il s’agit donc, dans la mesure du possible, de retrouver, par le jeu à plusieurs, la spontanéité. Pour faciliter l’expression, certains éléments techniques sont utilisés tel le renversement des rôles, les jeux en miroir, les doublages etc…

C’est au milieu du siècle que les psychanalystes ont compris qu’ils pouvaient trouver là, dans le psychodrame, de quoi aider leurs patients. D’où le nom de psychodrame analytique. Au psychodrame de MORENO se trouvent ainsi ajoutés – ce qui est d’importance – les concepts de transfert et d’interprétation, importés de la théorie psychanalytique.

Ainsi, au fur et à mesure, le psychodrame, comme technique thérapeutique, s’est affiné, enrichi, diversifié, dans sa pratique et sa théorisation. Il offre la possibilité de mettre en scène des épisodes de la vie réelle ou d’inventer des scènes imaginaires. Les différents protagonistes sont chargés d’un rôle qu’ils jouent à leur manière, compte tenu des indications des thérapeutes, ce qui permet ensuite d’analyser la façon dont la scène a été jouée pour mettre en évidence les émotions, les affects, éventuellement les souvenirs oubliés ou refoulés, resurgissant à cette occasion.

Aujourd’hui, les indications de psychodrame se sont étendues ; elles ne concernent plus seulement les adultes mais aussi les enfants et les adolescents. D’autres formes de pratiques sont aussi apparues : psychodrame de groupe ou individuel, etc.

Il faut savoir enfin que le psychodrame peut représenter à lui seul une théorie ou au contraire accompagner une autre thérapie individuelle ou une psychanalyse suivie parallèlement. Car le psychodrame offre cet avantage de mettre le corps en mouvement, ce que ne permettent pas de la même manière les thérapies dites verbales.

De l’intérêt d’un groupe de parole-psychodrame.

Il est toujours difficile de prendre sa parole, une parole qui soit véritablement la sienne. La thérapie analytique individuelle y aide énormément. On peut en effet avoir vécu beaucoup de choses difficiles-voir traumatiques-que l’on a du mal à parler et dont les émotions restent enfouies et alourdissent la vie psychique malgré soi.

Le groupe de “parole-psychodrame” a pour but précisément -ce n’est pas contradictoire avec une psychothérapie individuelle mais peut au contraire être complémentaire- de libérer les émotions au contact des autres, au cours du jeu psychodramatique, c’est-à-dire lors de scénarios joués (imaginaires ou réels).

Le contact avec l’autre permet de mieux comprendre que chacun vit son histoire avec plus ou moins de bonheur- que les problèmes qui sont les siens peuvent être très proches de ceux des autres, ou au contraire qu’ils sont très éloignés. Dans tous les cas, voilà un enrichissement pour la vie personnelle de chacun.

Ce travail psychique est parfois lent et difficile, mais il en va de ce que chacun veut faire ou peut faire de sa propre vie avec les données psychologiques qui sont les siennes.

Il est difficile bien souvent de savoir qui l’on est et /ou l’on va. Les psychothérapeutes sont là pour permettre d’y voir plus clair.

Ce qu’il faut avoir à l’esprit ce sont les idées suivantes:

– Chacun est déterminé par son histoire mais ne s’y réduit pas. On est toujours autre que ce que l’on croit être ou ce que les autres en pensent. D’où l’importance, non pas de chercher dans le passé -ce qui est passé est passé- mais de prendre en compte ce qui du passé remonte dans le présent. Ce peut être incommodant ou au contraire permettre de construire son avenir. C’est le rôle des psychothérapeutes de faciliter ces processus de pensée.

– Ceci engage à d’autres réflexions: celles de la transmission psychologique. Quel est le paysage psychique de fond sur lequel on puisse s’adosser pour engager sa vie? Qui étaient mes parents? Quelles sont les cartes qui sont les miennes?

– On peut avoir subit des traumatismes de tous ordres. L’important est de pouvoir les parler. Les psychothérapeutes sont là pour ça, pour permettre leur élaboration. Le groupe peut y aider.

En résumé l’on peut dire ceci: que les symptômes: alcoolisme, tabagisme, boulimie, anorexie, troubles du sommeil, dépression, troubles de l’humeur…etc sont à prendre en compte dans la mesure ou l’on peut les resituer dans son histoire propre. Et à partir de cette idée, l’on peut penser qu’une thérapie individuelle ou de groupe figure comme tremplin de vie.

En effet, la thérapie -individuelle ou de groupe- permet de trouver des mots pour dire ses émotions, sinon elles restent enlisées ou enkystées. Un ou une thérapeute peut figurer comme “prête-mots” : il faut trouver des mots pour dire les choses.055

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