La ménopause, une « fenêtre de vulnérabilité » à la dépression.

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La ménopause, une « fenêtre de vulnérabilité » à la dépression.

Pour un certain nombre de femmes, la ménopause et les quelques années qui la suivent sont associées à une augmentation du risque de dépression. Certains parlent de « fenêtre de vulnérabilité». C’est une période pendant laquelle peuvent apparaître de nombreuses plaintes physiques ou psychologiques que les professionnels de santé doivent démêler pour détecter à temps l’apparition d’une dépression.

La tâche n’est pas toujours facile. Une contribution récente de CN Soares pour le BMC journal fait le point sur les plus récentes avancées en matière de recherche sur la dépression de la femme en cette période de ménopause et sur les types de traitements qu’il est possible de proposer.

Pendant longtemps, l’association directe entre la ménopause et l’apparition de symptômes de dépression a fait l’objet d’une intense controverse. La question essentielle était de savoir si ces symptômes étaient provoqués par les évènements de la vie (changements familiaux fréquents à cette période, stress professionnel, etc.), des facteurs psychologiques ou le changement de statut ovarien. Certains accusaient les troubles du sommeil ou les bouffées de chaleur d’être à l’origine de la dépression. Sur la base de travaux réalisés sur de longues période, l’on reconnaît maintenant l’existence d’un risque 2 à 4 fois supérieur de dépression chez les femmes au moment où elles entrent dans la période de ménopause. Il est admis aussi que le risque plus élevé de dépression est associé plutôt à de grandes variations dans les taux d’oestradiol ou de FSH et non pas simplement au déficit hormonal.

Les antidépresseurs et la psychothérapie sont les traitements de première intention de ces troubles dépressifs. Mais l’auteur rappelle que plusieurs études ont montré l’efficacité de la prise en charge hormonale à cet égard. L’oestradiol agirait en effet sur les systèmes régulateurs de l’humeur, par l’intermédiaire de la neurotransmission mono-aminergique, et les études mettent en évidence une efficacité du traitement hormonal substitutif supérieure à celle du placebo, indépendante de l’effet sur les bouffées de chaleur ou les troubles du sommeil. La période optimale pour l’action des oestrogènes serait la période de transition et les années qui suivent l’installation de la ménopause. L’étude WHI ( Women’s Health Initiative study) qui a été à l’origine d’une remise en cause totale de la prise en charge hormonale de la ménopause, n’aurait pas, selon l’auteur, mis en évidence d’effets secondaires significatifs dans la classe d’âge de 50 à 59 ans ou chez les patientes récemment ménopausées.

La difficulté principale reste toutefois le diagnostic de dépression parmi les plaintes parfois nombreuses alléguées à cette période de la vie. Les professionnels ne doivent pas hésiter à rechercher systématiquement la dépression ni à s’aider d’outils pour le faire. Une fois le diagnostic posé avec certitude, le traitement devra être adapté à chacune, et faire appel à toutes les ressources validées pour diminuer l’impact défavorable que peuvent avoir les symptômes dépressifs sur la vie de ces patientes.

Source: Dr Roseline Péluchon (Soares CN. : Can depression be a menopause-associated risk ? BMC Medicine 2010; 8: 79 doi:10.1186/1741-7015-8-79)

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