Père absent, quel impact sur l’enfant ?

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Père absent, quel impact sur l'enfant ?

Un enfant naît de l’union entre un homme et une femme, c’est lui qui va faire que cet homme va devenir père et cette femme, mère.

Pour se construire sur le plan psychologique et grandir afin de devenir à son tour adulte et peut-être parent, cet enfant va avoir autant besoin de sa mère que de son père. Or, de nos jours le problème est que la place de chaque parent est mise à rude épreuve.
Il est souvent question du problème de l’absence du père.

Que ce soit pour l’enfant une absence réelle, du fait d’un décès ou d’un abandon, d’une absence temporaire, comme dans le cas d’un divorce du couple, ou d’un père très pris par son travail, ou d’une absence symbolique, il y a forcément un impact psychologique sur l’enfant.

Quel rôle joue le père dans le développement de l’enfant ?
Et quand n’est-il de son absence quant à son équilibre psychologique et psycho-affectif ?
Pour un enfant peux-t-on se construire et grandir sans père ?

L’avis du psychologue

De nos jours, il est très difficile problème pour les pères de prendre modèle sur leur propre père. En effet, beaucoup de choses ont changé dans la place et le rôle que chacun a au sein du couple, la société a beaucoup évoluée ainsi que les modes de vie, les repères des couples ne sont plus les mêmes. Un enfant devient père parce qu’il a été lui-même l’enfant d’un père. Un homme devient père si son père est important et si le père de la jeune mère l’est aussi puisqu’il est son référent à elle.

Pour différentes raisons un père peut être absent physiquement mais il continuera à exister psychiquement dans le discours et psychologiquement dans l’esprit de l’enfant et du futur ado.
Il a donc une place dans l’esprit de l’enfant, il aura une représentation de lui et de ce qu’il peut attendre de son père.

La paternité, c’est pour l’enfant le passage du ventre de la mère aux genoux du père.

C’est le père et ce qu’il représente qui va permettre à l’enfant sur le plan psychologique de grandir et ainsi sortir de la relation fusionnelle d’avec la mère, indispensable et réconfortante pour lui en début de vie, mais problématique et aliénante pour l’enfant si elle dure trop longtemps. Le père a ainsi une place de tiers séparateur entre la mère et l’enfant. C’est lui qui permet de sortir de la relation duelle à une relation triangulée (père, mère, enfant) et ainsi d’ouvrir sur un champ de relations plus vaste. Bien évidemment, ce rôle peut être joué par d’autres personnes qui représenteront pour la mère et l’enfant ce tiers séparateur. Mais ce père (réel ou symbolique) pour l’enfant doit exister dans le discours de la mère. Si une femme dit à son enfant qu’il n’a pas de père, elle le prive aussi d’une mère. Effectivement, il n’y a pas de père sans mère, ni même de mère sans père. L’enfant a besoin de connaître ses origines, son histoire de vie. Une mère ne peut nier le père, car le problème majeur est que sans lui l’enfant n’existe pas.

Une difficulté importante de nos jours est la complexité du père a être celui qui pose des limites, qui énonce les interdits et la loi. Il prépare l’enfant à devenir un être socius soumis aux lois de la société. Le père est aussi, dans le cadre de la psychologie du développement de l’enfant, une identité masculine à laquelle le fils (tout comme la fille) va pouvoir se confronter, tout comme peuvent l’être d’autres hommes de la famille ou de l’entourage.
Certaines mères ont aussi du mal à laisser une place aux pères (d’autant plus, si dans leur propre histoire, leur père était absent ou leur mère omnipotente). Les enfants ont besoin de maternage et de paternage. On fait du masculin avec du masculin et du féminin avec du féminin. Il faut donc s’assurer que les enfants aient suffisamment d’interactions avec des personnes significatives des deux sexes. Cependant, certaines mères préfèrent tenir leur enfant à l’écart du père (par exemple, lors de séparation) ou d’autres références masculines dont l’enfant a besoin pour développer sa propre identité, et ce, souvent parce que les mères craignent de retrouver dans leur enfant des traits de l’homme qu’elles ont aimé.

Le conseil du psychologue

Le discours que l’on a sur le père en son absence est tout aussi important. Un discours négatif que l’enfant entendrait perturbe la représentation qu’il a de l’absent et les ressentis pour lui. L’enfant n’a pas à choisir entre son père ou sa mère, ce qui le mettrait dans un problème de loyauté par rapport au parent rejeté. Les deux parents, même séparés, continuent à former un couple dans l’esprit de l’enfant, et c’est sur ce couple parental que l’enfant fonde les notions d’unité, de collaboration et de complémentarité qui lui serviront sa vie durant. Ce n’est pas l’absence d’un parent qui est catastrophique pour un enfant, c’est ce que l’on dit de cette absence qui a des répercussions sur l’enfant.

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