Poser le cadre avec son ado : oser lui dire non!

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Poser le cadre avec son ado : oser lui dire non!

Le paradoxe de la vie humaine, c’est que pour être soi, il faut se nourrir des autres.

L’ado, dans cette logique, est donc dépendant des autres pour évoluer psychiquement sauf que parallèlement il lutte contre cette dépendance. Il veut être libre, autonome car il ne veut pas être aliéné à l’autre. Paradoxalement si l’ado ne s’est pas assez nourri des autres, il risque une grande insécurité psychique ( car il aura des manques narcissiques et identificatoires ) ce qui du coup occasionnera une plus grande aliénation car il aura d’autant plus besoin de ce quelque chose qui le menace et qui lui manque, à savoir l’autre. D’ailleurs dans la pratique, ceux qui ont besoin qu’on les prenne en compte sont ceux qui le tolère le moins.

Se rapprocher de l’ado c’est l’aliéner. Il faut alors rendre tolérable ce paradoxe.

NB : Quand il y a peur, refus, dégoût chez l’ado, c’est souvent parce qu’il y a crainte du désir, c’est à dire crainte d’être submergé par un désir qu’il ne maîtrise pas. Il n’y a pas de désir sans peur ( et inversement pas de peur sans désir ), d’où la tentation de l’ado de dire que ce désir n’est pas un besoin, c’est la période du refus ( mécanisme de défense : l’annulation ) : « j’ m’en fous ! c’est nul ». C’est une forme d’opposition qui protège l’ado et qui lui permet de mettre des limites entre soi et l’autre pour ainsi trouver sa place. ( ex. des punks et de leur attitude très provocatrice pour faire peur et maintenir l’autre à distance)

L’avis du psychologue

L’adulte doit pouvoir « accepter » ce comportement de l’adolescent sans que cela l’atteigne dans son intégrité. Or, beaucoup d’adultes manifestent une forme de « dépressivité ». Nous sommes une civilisation qui a beaucoup de moyens et plus on a de possibilités, plus grande est la frustration par rapport à ce qu’on n’a pas ( si je n’ai pas, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même ). Ces parents comptent alors sur leurs enfants pour qu’eux puissent en profiter à leur place. Ce sont des parents qui n’osent pas dire « non » à leurs enfants, « pourquoi les embêter, pourquoi les frustrer, les faire souffrir » ( sous-entendu « moi je souffre déjà suffisamment » ). En transmettant implicitement ce discours, ça ne rassure pas les enfants, on leur renvoie de la peur ( peur d’être dans la même souffrance que ses parents, peur de les décevoir). L’adulte doit pouvoir transmettre à ses enfants l’idée de réussir à travers l’effort. Et ce, à travers les limites qu’il va poser, à travers le « non » qui va générer une frustration chez l’ado et c’est par cette frustration que l’ado va pouvoir développer sa propre envie, son propre désir différencié de celui des parents.

Se trouver face à une limite est profondément rassurant pour l’enfant et pour l’adolescent (ce n’est pas parce qu’il est plus grand qu’il n’a pas besoin de limites!). Même si dans l’instant il va chercher à la transgresser. La présence de l’interdit comporte l’avantage de permettre la transgression. Et c’est la transgression elle-même qui autorise l’affirmation de soi dans la relation, dans la négociation et la confrontation à l’autre.

Le conseil du psychologue

Il n’y a rien de plus inquiétant pour un enfant que de ne pas sentir la réponse de l’adulte à l’instant où il transgresse. Cela le laisse dans une solitude qu’il va chercher à combler par la provocation, qui ira crescendo si elle ne rencontre pas de limite. ( ainsi l’ado mesure son pouvoir sur l’adulte et cherche sa place ). On considère à tort que les interdits briment les enfants (héritage de mai 68 ) alors que l’interdit a pour fonction de structurer l’affectivité ( « c’est parce que je t’aime que je t’ interdis de faire ça » ). A contrario interdire ne veut pas dire tout vivre et tout savoir de la vie de son adolescent. Une limite primordiale que l’adulte doit édicter c’est que s’aimer ce n’est pas être tout le temps ensemble, c’est l’aider à se différencier. L’adulte doit être garant de ce processus de séparation, il doit encourager le détachement de l’adolescent, en l’aidant à affronter la réalité et non en faisant à sa place ou en lui faisant peur de ce qui l’attend dans la vie.

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